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Bichik, un commun numérique

Historique

Depuis de nombreuses années, les Ceméa se sont préoccupés des dérives et des enjeux politiques autour du numérique. Conscients que nos outils numériques sont un enjeu politiques, ils sont alertés sensibilisés sur la centralisation des outils par les géants de la Tech et leur domination, mais aussi leur capacité à recueillir nos données personnelles, pour mieux nous surveiller, orienter nos choix et nous inciter à consommer toujours plus.

C'est la raisons pour laquelle, les Ceméa se sont positionnés ouvertement en faveur des outils ouverts, libres, respectueux de nos données et ont inviter à soutenir les communs numériques dans le projet associatif de 2021.

De nombreuses initiatives au sein des Ceméa ont permis de soutenir ces ambitions :

  • La création de Zourit, un commun numérique, ouvert, permettant à des structures de disposer d'un ensemble d'outils collaboratif sans dépendre de ces grandes plateformes (mail, cloud, visio, pad, comptabilité...)
  • La publication de nos ressources dans Yakamédia, sous licence Creative commons, permettant leur libre diffusion.
  • La mise à disposition de toutes et tous d'outils numériques éthique dans la mallette.
  • Le choix de nos outils internes, basés sur des solutions open-source : Graf, Yakamédia, Platefome de Formation à distance et tant d'autres.
  • La décision de quitter le réseau social X,
  • La création d'outils libres et éthiques (Scribe, Petit Rapporteur, Caracole...)
  • Des interventions et des formations, avec des salariés compétents et sensibilisés, sur ces enjeux, accompagnés par des structures partenaires engagées comme Framasoft.

Un commun numérique, c'est quoi ?

Un commun numérique est une ressource numérique produite, gérée et gouvernée par une communauté d'utilisateurs selon des règles de gouvernance conjointement élaborées. La dématérialisation de la ressource et les licences libres associées permettent à un commun numérique d’offrir à tous les membres de sa communauté les libertés d’accès, d'usage, d'étude, d'amélioration et de partage de la ressource. (Wikipedia)

Quelques exemples :

  • Les logiciels libres comme Firefox, LibreOffice, VLC, ou des systèmes complets comme Linux Mint, Ubuntu...
  • Des ressources mutualisés avec des licences "Creative Commons" permettant le partage et la redistribution des contenus
  • Des données ouvertes comme celles d'OpenStreetMap (base de données pour cartographie libre) 
  • Des services éthiques comme Peertube, Mobilizon...
  • Des réseaux sociaux décentralisés (Mastodon...)

Bichik, une déclinaison de Zourit

Dès son lancement, il était comme une évidence que Zourit proposait déjà un certain nombre de services utiles pour l'Espace Numérique de Formation. L'utilisation d'outils libres et éthiques venait renforcer la volonté de disposer d'un outil indépendant, mais aussi de permette à d'autres de le reprendre, de l'améliorer, de le rediffuser. 

C'est la raison pour laquelle, le code source (= la recette de fabrication) de Bichik a volontairement été mise à disposition de tous et toutes afin de permettre à d'autres de le reprendre.

Avec le code source de Bichik, la licence libre (GN/GPL V3) vous permet :

  • d'utiliser le logiciel Bichik à n'importe quelle fin,
  • de modifier le programme pour répondre à vos besoins,
  • de redistribuer des copies de ce code
  • de partager avec d'autres les modifications que vous avez faites.

Ces libertés s'accompagnent d'une contrainte : les copies ou copies modifiées doivent toutes respecter aussi cette même licence, contraignant ainsi tous les dérivés à demeurer des communs numériques.

Le problème des géants de la Tech

L'utilisation des outils des géants de la Tech pose un certain nombre de problèmes :

  • risque de dépendance : ils contrôlent aujourd'hui plus de 50% des câbles sous-marins faisant transiter les données, en privilégiant les flux de certaines données 
  • risque économique : ces géants sont plus puissants que certains pays et influent les décisions avec des actions de lobyying toujours plus présentes.
  • risque démocratique : la censure de certains sujets invisibilise des points de vue ou ds communautés
  • risque d'orientation politique : la diffusion de Fake news peuvent influencer des votes (Affaire Cambridge Analytica et Brexit)
  • risque de domination technique : Même l'usage d'un simple smartphone est conditionné à la création d'un compte sur leur plateforme !
  • impact sociétal sur nos données : l'usage de ces plateformes entraîne la collecte de nos données et la diffusion de publicités et les choix orientés qui nous sont proposés.
  • impact écologique : l'accroissement de l'utilisation de ces services entraîne la création de data centers, grands consommateurs en énergie.
  • impact psychologique : les notifications, le scroll (défilement) infini, les algorithmes de recommandations n'ont qu'un objectif : nous faire passer encore plus de temps sur leur plateforme pour mieux nous surveiller.
  • impact culturel : la majeure partie des outils sont conçus et portés par une idéologie états-unienne avec un degré de puritanisme qui peut aller jusqu'à censurer d'autres cultures, ou encourager la haine et les discriminations.
  • modèle idéologique : certains responsables de ces entreprises s'affichent clairement proches de mouvements extrémistes avec une vision transhumaniste (homme augmenté...).
  • impact financier : A l'heure où la décroissance semble nécessaire, tous les moyens sont mis en œuvre pour acheter le dernier modèle ou renouveler son matériel pour cause d'obsolescence parfois contrainte (Windows 11).
  • Et bien d'autres...

Des solutions pour lutter

Pour s'affranchir de ces géants, des solutions existent :

  • Utilisez des solutions indépendantes et ouvertes pour s'affranchir : Bichik et Zourit sont des créations dont le code est librement accessible sur Internet. La licence permet à n'importe qui de le récupérer et d'en faire des versions adaptées à ses besoins.
  • Utilisez des outils libres sur vos ordinateurs ou smartphone : 
  • Utiliser des services libres et indépendants :
    • Partagez des documents, organisez des sondages ou des visios : il existe des alternatives fiables et modernes équivalentes pour s'organiser
    • Diffusez vos contenus sur des plateformes indépendantes : publier vos vidéos sur Peertube, conservez vos sites internet indépendants, découvrez Mastodon pour les réseaux sociaux...
  •  Promouvoir et soutenir les communs :
    • Facilitez leur adoption, communiquer sur leur existence, faire acte de résistance en refusant d'utiliser des outils propriétaires...
    • Soutenez financièrement des projets libres et indépendants